La maison des pauvres de Clendy
(1818-1819)

Pestalozzi a le privilège de voir l’édition de ses œuvres réalisée par une importante maison de Tübingen (Cotta). La souscription remporte un succès remarquable en Europe : rois, philosophes, hommes politiques, professeurs souhaitent recevoir les écrits de Pestalozzi et une promesse de droits d’auteur lui est faite.

Il peut enfin réaliser le rêve de sa vie : créer une école pour enfants pauvres. En 1807 déjà ne disait-il pas à Rosette Kasthofer : « Ce que j’ai ici n’est pas ce que je veux : je cherchais un institut pour pauvres et je le cherche toujours ; c’est vers ce seul but que se dirige mon cœur. »

Pestalozzi ouvre la maison de Clendy en septembre 1818. Le programme spécifie que la durée des études est de cinq ans. Le but est de former des maîtres et des maîtresses - enfants pauvres qui auront la responsabilité d’éduquer les gens les plus simples et de devenir enseignants pour les classes de la campagne. Pour Pestalozzi le grand péril qui menace l’éducation est qu’elle se coupe de la vie qui l’a produite,planant au-dessus de la condition réelle des hommes. Il déclare :

« Ce n’est pas la technique ni le livre, mais la vie qui est le fondement de l’éducation et de l’enseignement. »

Clendy va accueillir deux catégories d’enfants : de petits pauvres qui reçoivent une bonne instruction et sont initiés aux travaux manuels et domestiques afin de les rendre capables de bientôt travailler. La seconde est formée de jeunes gens pauvres, filles et garçons, doués, qui ont déjà suivi une école, et qui deviendront des maîtres et des maîtresses pour la campagne.

On y enseigne le français, l’allemand, le chant, l’arithmétique,les langues anciennes, les travaux de la maison et du jardin. Pestalozzi sera secondé par Marie Schmid, sœur de Joseph, enseignant et administrateur du château.

Par l’arrivée d’Anglais à Yverdon qui sont à la recherche d’un modèle d’école idéale, par les visites de nombreux curieux,enseignants, chercheurs, la maison de Clendy prendra un caractère différent.Pestalozzi se sentira obligé de modifier le programme originel et devra introduire l’anglais. De plus, l’absence du pédagogue au château provoque le mécontentement de parents d’élèves. D’autre part cette institution est une charge financière supplémentaire.

Après un an d’activité, Clendy ferme ses portes et les écoliers et écolières rejoignent ceux du château.





La Maison des pauvres de Clendy - Yverdon